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DAMIR KARAKAŠ

LES ESQUIMAUX

Recueil de nouvelles ¬ Traduit du croate par ¬ Yves-Alexandre Tripković ¬ LETTRES CAPITALES ・THEATROOM ¬ 2019 ¬ 128 pages ¬ 12 €

 

Peuplant ses histoires de destins au bord des précipices et sur des terrains bien glissants, Damir Karakaš dans son puissant recueil de nouvelles Les Esquimaux fait la part belle aux gens que rien ni personne n’épargne. ¬ S’appuyant en partie sur le recueil Les Esquimaux, le metteur en scène italien Paolo Magelli a mis en scène la pièce Le pentagramme zagrebois, récompensée par de nombreux prix. ¬ Les Esquimaux est la première œuvre littéraire croate à avoir été traduite en langue arabe et publiée au Caire chez Dar El Kalema. ¬ Ciselant ses phrases en joaillier, ses histoires gagnent en éclat à chaque relecture. La signature des grands. ¬

Damir Karakaš est né en 1967 à Lika en Croatie, région montagnarde connue par son scientifique à la renommée internationale Nikola Tesla, ses hivers rudes et les loups. ¬ Il a vécu à Bordeaux et Paris où il survivait en jouant de l’accordéon. ¬ Détenteur de prestigieux prix littéraires, ses œuvres sont traduites en une dizaine de langues.


 

 

MIRO GAVRAN

L'AMI DE KAFKA

Traduit du croate par ¬ Yves-Alexandre Tripković ¬ LETTRES CAPITALES ・THEATROOM ¬ 2019 ¬ 160 pages ¬ 12 €

 

La profonde admiration et la grande amitié animant Franz Kafka et Max Brod ainsi que la relation qu’ils entretenaient avec les femmes qui les ont marqués, sont au cœur du roman L’ami de Kafka de Miro Gavran. ¬ Suivant les traces entremêlées que laissent l’amour et la littérature, nous redécouvrons Prague entre 1903 et 1924 ainsi que Tel Aviv en 1953. ¬ Ce roman d’une finesse rare a été récompensé par le Prix de l’Académie croate des sciences et des arts. ¬

Miro Gavran est né en 1961 à Gornja Trnava près de Nova Gradiška en Croatie. ¬ Ses œuvres ont été traduites dans une quarantaine de langues. ¬ Son travail est salué par de nombreux prix littéraires.

MILKO VALENT

LES LARMES ARTIFICIELLES ・PQ

Traduit du croate par ¬ Yves-Alexandre Tripković ¬ LETTRES CAPITALES ・THEATROOM ¬ 2018 ¬ 176 pages ¬ 12 €

 

Les Larmes artificielles. PQ traitent un large éventail de sujets et de motifs importants dont le plus significatif est celui de la banalité de l’époque. Mais l’œuvre en soi est loin d’être banale grâce à sa distance aussi bien critique qu’ironique. ¬ Le roman est riche en intertextualité, en citations implicites et références aux classiques du monde littéraire. ¬ C’est un diagnostic existentiel du début du XXIe siècle teinté d’un humour sophistiqué.

Les Larmes artificielles. PQ est une inquiétante et puissante prose du « village global » urbain teintée d’une ironie discrète, d’une forte compassion et d’une profonde compréhension pour la fragilité humaine, sa détresse et son aliénation. ¬ La poétique prosaïque de Milko Valent, le réalisme psychotique, qu’il déploie dans ce roman démontre clairement que l’art du roman contemporain est de présenter le chaos quotidien et constant. Mais cela ne veut en aucun cas dire que le roman Les Larmes artificielles. PQ soit chaotique, hermétique ou difficile d’accès, bien au contraire, car l’auteur se refuse au cynisme ambiant et, par une prose forte et subtile et par un « inquiétant calme philosophique », qui n’est pas sans rappeler celui de Hermann Broch et Robert Musil, il démontre, sans concession aucune, le chaos transitionnel aussi bien de la Croatie que de l’Europe.

Milko Valent n’est pas provocant uniquement dans le choix et la manière dont il traite ces sujets, mais également par le diagnostic précis avec lequel il examine chacun des thèmes. C’est ainsi que Les Larmes artificielles. PQ deviennent en quelques sortes un diagnostic existentiel du début du XXIe siècle. ¬ Le roman de Valent, aux strates multiples, a une structure polyphonique et est doté d’une percée au centre des vies humaines dissociées, aliénées, et qui sont donc nerveuses, chaotiques et imprévisibles, mais tout aussi riches en sens multiples ce qui permet au lecteur d’enrichir son imaginaire et d’élaborer une collaboration créative interactive avec l’écrivain aussi bien pendant qu’après la lecture.
 

Romancier poète, dramaturge, essayiste et critique théâtral, Milko Valent est né le 6 juillet 1948 à Zagreb, Croatie. ¬ Il a publié de nombreux livres et pièces de théâtre. Ses œuvres figurent dans de nombreuses anthologies et recueils de poésie, de prose et de pièces de théâtre. Une partie de son œuvre a été traduite dans une dizaine de langues. ¬ Son roman Les Larmes artificielles dont nous présentons le concentré sous la forme des PQ, a obtenu le prix national Vladimir Nazor pour la meilleure œuvre littéraire publié en Croatie et le prix littéraire Stipan Bilić-Prcić décerné par L’Académie croate des sciences et des arts.

 

 

LIRE

SIMO MRAOVIĆ

CONSTANTIN CRAINTDIEU - Roman minoritaire

Traduit du croate par ¬ Yves-Alexandre Tripković ¬ THEATROOM noctuabundi ¬ 2008 ¬ 151 pages ¬ 10 €

 

Constantin Craintdieu (Konstantin Bogobojazni) est un véritable roman culte - au moins sur la scène littéraire alternative croate. Un roman où l’on parle beaucoup de sexe, de nourriture et de police.

       Ce roman raconte les aventures d’un poète zagrébois, qui erre de bistro en boîtes de nuit dans les redoutable années 1990... On parle beaucoup de « peuple minoritaire », et ce n’est qu’au bout de quelque pages que l’on comprend que le « peuple minoritaire » est devenu « majoritaire » dans un nouvel État, ce qui a pour conséquence immédiate que « l’autre peuple » devient, à son tour, « peuple minoritaire »... Il faut aussi quelque pages pour que le narrateur nous dévoile sa lente et tardive prise du conscience de son appartenance à ce « peuple minoritaire »....

 

Publié à peu d’exemplaires dans des circonstances assez inhabituelles chez l’éditeur zagrebois SKD Prosvjeta, Constantin Craintdieu fut à l’origine de l’un des plus grands scandales littéraires de l’après-Tudjman. Ce roman, qui décrit sur un ton ironiquement frivole la première moitié des années quatre-vingt-dix, durant laquelle ce poète enjoué issu du « peuple minoritaire » se cache de la police militaire en se réfugiant chez ses maîtresses, dans les bars et les boîtes de nuit, irrita profondément la critique institutionnelle. L’auteur fut traité d’individu sans scrupule, et ce texte complètement inoffensif fut comparé aux plus sombres machinations littéraires jamais élaborées dans les bureaux des renseignement généraux. Mais le premier tirage fut épuisé presque aussitôt après sa parution et continua ensuite de circuler de la main à la main, tel un samizdat ou une cassette vidéo au contenu proscrit... Ce roman nous raconte les errances d’un jeune poète qui, plongé dans la brutalité des années quatre-vingt-dix, dresse une topographie précise, priapienne et souterraine de la « bienveillante ville de Zagreb ».

 

 

 

 

 

CRITIQUE

MIRO GAVRAN

JUDITH

Traduit du croate par ¬ Philippe Gelez, Edi Miloš et Yves-Alexandre Tripković ¬ THEATROOM noctuabundi ¬ 2001 ¬  114 pages ¬  édition bibliophile.