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IVAN VIDIĆ

LE GRAND LAPIN BLANC (+ GROUPE DE SOUTIEN)

TRADUIT DU CROATE PAR ¬ Yves-Alexandre Tripković ¬ PRÉFACE ¬ Matko Botić ¬ COLLECTION RECTO/VERSO THEATROOM ¬ 2018 ¬ 144 (+ 112 = 256) pages ¬ 12 €

 

Le Grand lapin blanc est campé dans les cinq dernières années du vingtième siècle, tout est bien connu mais pas moins effrayant pour autant, et les destins qui, face au lecteurs, se dégradent dans une odeur pestilentielle sont les derniers reliques d’une époque révolue, celle de la guerre.

     Le contexte n’est pas caché derrière des stratégies dramaturgiques, des mises à distance par l’humour ou encore des métaphores. « Ce texte a été écrit dans l’intention d’en faire un drame familial, dans un environnement temporel et spatial reconnaissable » dit l’auteur dans son introduction de la pièce, scannant ainsi la société qu’il provoque par l’humour dans ces temps grotesques à un tel point qu’ils peuvent se priver de toute distanciation artistique.
     Ivan Vidić dans son œuvre théâtrale condense une masse impressionnante, avançant en ignorant le fait que même toute cette masse ne suffit pas à déclencher un acte de rébellion ultime, cette réaction nucléaire nécessaire à la création des étoiles.

 

IVAN VIDIĆ

GROUPE DE SOUTIEN (+ LE GRAND LAPIN BLANC)

TRADUIT DU CROATE PAR ¬ Yves-Alexandre Tripković ¬ INTERVIEW AVEC L'AUTEUR PAR ¬ Tomislav Čadež ¬ COLLECTION RECTO/VERSO THEATROOM ¬ 2018 ¬ 112 (+ 144 = 256) pages ¬ 12 €

 

À la différence de tant de groupes à géométrie variable, ce Groupe de soutien peut se venter d’avoir les membres des plus fidèles.

          Ils taguent à tour de rôles des motifs de leurs destins individuels en traçant des cercles concentriques qui se rejoignent dans une puissante fresque polyphonique et pourtant tout à fait intime.

          La fraîcheur, puis l’extrême précision dans l’œuvre de Ivan Vidić se reflétait dès ses débuts par sa position du punk éloquent, son style est ainsi marqué par un puissant désir, quasi-prétentieux, d’une plongée compétente et philosophique au sein des anomalies et phénomènes sociaux, mais en même temps de cette écriture émane l’inévitable ironie qui ne lui permet pas de se prendre lui-même et ses personnages trop au sérieux.

 

 

 

MIRO GAVRAN

LES PANTOUFLARDS ・ PAPUČARI

TRADUIT DU CROATE PAR ¬ Ivanka Segetlija Jardin ¬ COLLECTION BILINGUE (croate-français) THEATROOM ¬ 2018 ¬ 208 pages ¬ 12 €

 

La comédie Les Pantouflards ・ Papučari de Miro Gavran jongle habillement avec les attentes tout en distillant ce parfum subtil qui enveloppe les relations entre les hommes et les femmes. ¬ Une pièce qui va droit au cœur dont elle se saisit. ¬ 

 

Miro Gavran (1961) débute au théâtre en 1983 avec la pièce L’Antigone de Créon, traitant avec une intense énergie artistique la manipulation politique. Trois ans plus tard, dans la pièce La nuit des dieux il écrit sur le rapport de l’artiste au pouvoir dans le système totalitaire. Puis se consacre au cycle des pièces où prévalent les rapports homme-femme. ¬ Il a créé un grand nombre de personnages féminins complexes. Ses héroïnes sont à la fois puissantes et émotives. ¬ Son travail est salué par une vingtaine de prix littéraires et théâtrales en Croatie et à l’étranger, parmi lesquels le PRIX CENTRAL EUROPEAN TIME 1999 et le PRIX LE CERCLE EUROPÉEN 2003 pour avoir affirmé les valeurs européennes dans ses textes, ainsi que le PRIX ALOIS MOCK POUR L’EUROPE 2017. ¬ La COLLECTION BILINGUE offre le TEXTE ORIGINAL et sa TRADUCTION FRANÇAISE

 

MILKO VALENT

L'EUROPE NUE

TRADUIT DU CROATE PAR ¬ Yves-Alexandre Tripković ¬ PRÉFACE ¬ Boris Senker ¬ THEATROOM noctuabundi, 2007 ¬ 123 pages ¬ 9 €

 

L'Europe nue met en scène la catastrophe de la guerre comme drame féminin. C'est une catastrophe balkanique, mais elle figure en même temps la décadence du monde occidental au paroxysme de la guerre et du terrorisme. Le thème de ce drame, celui de la femme dans la guerre, et avant tout de la femme urbaine du monde occidental dans la guerre, nous est douloureusement familier. Dans une famille européenne comprise au sens large comme l'Europe urbanisée, une jeune fille pleure son fiancé mort à Sarajevo pendant l'occupation. Le cadavre réunira aussi la famille théâtrale de la fiancée, le deuil s’exprimant d’une manière toute particulière. Par une mise en perspective aussi joyeuse qu’ironique, cette pièce permet à Valent d'établir le diagnostic d’une époque chaotique dominée par la banalité d'une civilisation épuisée. Le jeu d’acteur englobe la réalité ou, pour être plus précis, pose les fondements de cette réalité illusoire, le texte ayant été pensé comme une pièce en (perpétuel) devenir. Et malgré le constat défaitiste, Valent ouvre une brèche par le biais de ce personnage collectif des Majorettes...

ALMIR BAŠOVIĆ

VISIONS DE L'ÂGE D'ARGENT / RE : PINOCCHIO

TRADUIT PAR ¬ Mireille Robin / Laura Matveef ¬ PRÉFACE ¬ Sava Andjelkovic ¬ THEATROOM noctuabundi ¬ 2007 ¬ 123 pages ¬ 9 €

 

S'il ne fallait souligner que l'une des qualités de cette pièce exceptionelle qu'est Visions de l'âge d'argent, ce pourrait être le traitement de cette terrible réalité des Balkans sans prise de position excessivement engagé. La position de l'auteur à l'égard de cette réalité s'exprime indirectement, à travers l'émotion dont l'auteur se distancie en s'écartant du drame réaliste, en recourant habilement à des références du passé, de l'héritage théâtral européen : Brecht — avec l'héroïne Fatime, sorte de Mère Courage musulmane —, l'incotournable Beckett — avec le sentiment de l'absurdité du monde et la reprise mot pour mot de plusieurs répliques d'En attendant Godot —, Büchner — avec un parallèle entre Woyzeck et Fatima, remarqué par une femme metteur en scène de Bosnie-Herzégovine, bien qu'elle n'ait pas encore eu l'occasion de monter la pièce —, et enfin la tragedie greque et Aristophane, — avec les motifs du quotidien et la peinture de la société à travers le prisme de l'ironie et de la satire.

       Les somni figuræ et les personnages des Visions de l'âge d'argent, tout comme les personnages doubles de Re : Pinocchio montrent combien l'univers de Bašović dépasse les limites de la scène théâtrale, s'immisçant profondément dans notre univers, dans les rêves du lecteur-spectateur, ceux de Bašović et / ou de ses personnages. Ces deux pièces ont vraiment beaucoup à dire au lecteur français un tant soit peu curieux.

 

MIRO GAVRAN

COMMENT TUER LE PRÉSIDENT

TRADUIT DU CROATE PAR ¬ Yves-Alexandre Tripković ¬ THEATROOM noctuabundi ¬ 2006 ¬  pages ¬ 9 €

 

Le titre provoquant Comment tuer le président (sans point d'interrogation, nota bene) met habilement en scène des question pertinentes, de la menace de la globalisation qui obsède un des personnages principaux qui pense avoir trouvé LA solution pour s'affranchir dans le meilleur des mondes, en passant par la question de la fidélité émotive dont le couple devrait bénéficier jusqu'à la transgression des liens familiaux au nom d'un avenir plus certain... Quatres pôles, tendus jusqu'à l'épuisement de certains concepts, représentés par deux frères et leurs épouses, deux possibilités, une seule réponse...

MIRO GAVRAN

CINQ DRAMES = L'ANTIGONE DE CRÉON ・TCHEKHOV A DIT ADIEU À TOLSTOÏ ・SHAKESPEARE ET ELISABETH ・ QUAND UN COMÉDIEN MEURT ・ LA NUIT DES DIEUX

TRADUIT DU CROATE PAR ¬ Caroline Dukić, Philippe Gelez et Yves-Alexandre Tripković ¬ PRÉFACE ¬ Dubravka Vrgoč ¬ THEATROOM noctuabundi ¬ 2003 ¬  272 pages ¬ 19 €

 

La nuit des dieux. Une sorte de huit-clos comme on en trouve dans Escurial sur fond de Reine morte... tel un royume pourrissnt, la vérité ne pouvant se dire que dans la représentation même... « Le théâtre est le piège où je prendrai la conscience du roi » découvre Hamlet... l'orgeuil des puissants mis à mal ! Cependant quelle vérité traquée par l'auteur... montrer Louis et Molière réunis dans leurs déboires amoureux manipulés dans l'ombre par ce bouffon, sorte de Yago funeste... ivresse vérité... carnage de ce monde... nous révélant son véritable gouvernant : le bouffon... capricieux et incontrôlable ? « La vie n'est qu'une ombre en marche pleine de bruit et de fureur, contée par un idiot et qui ne signifie rien » déplore le terrible Macbeth à l'annonce de la mort de sa femme... tableau d'une France aveugle figée dans l'instant d'une représentation pour qu'elle y découvre son vide sa vanité, et son agonie... femme... absente ! dont la mort plane telle une Eurydice et nous demande tel Orphée de traverser les limbes de la mémoire pour la ressusciter en notre cœur à nouveau souriant...